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C'est au moyen-âge que la
France se couvre de cathédrales. Une foule d'artisans,
charpentiers, menuisiers, forgerons, maçons et
tailleurs de pierre s'organisent alors en "loges maçonniques"
où les maîtres et les compagnons enseigneront leur
savoir-faire et leurs connaissances.
Dans un livre, sur la migration de nos ancêtres,
le plus célèbre de tous les généalogistes
français, Jean Louis Beaucarnot, signale le premier maçon
Marchois (maçons de la Creuse) connu : Etienne Bonnuel
de La Souterraine, parti en Suède construire la cathédrale
d'Upsal vers 1287.
Très rapidement en effet les Limousins
et les Marchois (note : habitants de l’ancienne province
de la Marche) s'imposent dans les métiers de paveur,
plâtrier, couvreur, maçon, tailleur de pierres, et
parfois architecte.
Au fil des ans nous retrouverons tous ces creusois
sur les chantiers de France comme celui de la cathédrale
de Chartres, de Bourges, la construction des digues de La Rochelle,
le château de Versailles, et enfin à Paris au siècle
dernier, lors des travaux lancés par le baron Haussman.
La pauvreté des sols, la rigueur du climat
imposent très tôt ànos creusois laboureurs,
l'abandon des terres à la belle saison afin de se procurer
un revenu complémentaire, qu'ils rapportent en hiver et
qui sera employé au paiement des dettes, à l'achat
des semences, parfois à des acquisitions de terres.
Ils deviennent maçons mais aussi tuiliers,
scieurs de long, peigneurs de chanvre et de laine. Ils se répandent
dans toute la France (notamment la Bourgogne, l'Orléanais
et la région parisienne) et cheminent à travers
bois jusqu'à Guéret puis Genouillat, Nohant, Vierzon,
Olivet. Parfois, sur le retour, il se font détrousser de
tous leurs gains de l'hiver. Pendant ce temps ce sont les femmes,
les enfants et les vieillards qui s'occupent de la ferme. Ils
assurent tous les travaux des champs : labourage, fenaison, moisson
et soignent le bétail
C’est ainsi pour revenir à mes propres
ancêtres qu’un certain Amable Lemasson
(n° soza 180), journalier, et maçon
à ses heures, ancêtre creusois qui portait bien son
nom, se retrouva dans l’Yonne. Malheureusement le voyage
ne dû pas être de tout repos. On ne sait pas au juste
ce qui lui arriva : maladie, froid, famine, mauvaise rencontre
? Toujours est-il qu’il décéda à
Auxerre le 5 janvier 1828. Dans l'acte de décès
il était indiqué que le garde-champêtre l'avait
trouvé mort sous les piliers, place de la "tannerie",
à Auxerre. Il était âgé d'environ 67
ans.
Mais l’Yonne allait marquer plus positivement
la famille de ce pauvre Amable Lemasson. Car son fils cadet, un
certain Jean Amable Lemasson (n°
Soza 90), né le 7 mars 1806 à la Croix
au Bost (commanderie templière), maçon et tailleur
de pierres de son état, décida de s’installer
dans la campagne auxerroise. Il allait fonder une famille, plus
précisément à Poilly-sur-Thollon où
il rencontra une fille de vigneron, Marie Chapillon, qu’il
épousa le 11 juin 1835. Mais ceci est une autre histoire.
J'oubliais, Jean Amable
Lemasson allait un jour avoir une arrière-petite-fille
... ma propre grand-mère maternelle.
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